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Dernière modification le 29/05/2012

Charles CAMBESPatienter pour écouter la chanson

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A tous ceux qui ont connu Monsieur CAMBE notre estimé professeur de Français et de Philo de 1954 à 1962

 

"Le Colonel (er) Charles CAMBE, Commandeur de la Légion d'Honneur, professeur de Philosophie et de Français de 1954 à 1962, au Lycée de MASCARA, nous a quitté le 19 juillet 2005 .
Ses cendres seront déposées à l'Amicale des Anciens Légionnaires à PUYLOUBIER en février 2006". 

Sylvère SERRA

 

Nous avons remis ses cendres à PUYLOUBIER selon ses dernières volontés.

Chère Anne-Marie,

Nous étions 2 anciens élèves de M. CAMBE, Gérard GEOLLE de Sonis (interne 2 ans plus jeune ), commandant pilote (er) de l'ALAT et moi. La cérémonie fut brève;  les cendres ont été déposées à la chapelle à 11 heures et avec les anciens légionnaires qui l'avaient connu nous avons entonné le chant particulier de l "AU REVOIR" en allemand: "Ich hatt' einen kameraden", "J'avais un camarade". Grande émotion et j'ai essayé de rassembler dans mes pensées l'amitié et le respect que, nous tous, ceux qui l'ont connu, avions pour lui, afin de les associer à ce moment de recueillement. J'étais satisfait  d'avoir pu être là, et je te remercie Gérard de m'avoir accompagné. Je l'avais revu en 1974 à POITIERS alors que j'étais lieutenant de Gendarmerie à CHATELLERAULT; il était venu dîner à la maison et j'avoue que pour moi ce fut un grand moment d'amitié;  en me quittant il m'avait dit sa fierté et son plaisir de me voir embrasser la carrière des Armes. Cela m'avait fait chaud au cœur!
Après la cérémonie nous avons visité le domaine consacré aux invalides de la Légion, passage au petit musée, à la boutique de souvenirs Légion et avec une dizaine de ses amis nous avons levé nos verres à sa mémoire, "Pour la poussière" (tradition Légion) de la route, et partagé un repas où il était lui aussi présent.
Voilà,  chère Anne-Marie, toi qui porte le nom d'une chanson célèbre de la LÉGION comment s'est déroulé-tu étais aussi présente- ce moment   très fort de retrouvailles particulières.
 
 Sylvère

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Mon Cher Sylère,

Ce soir quelque chose est mort en moi: c'est ce monde si lointain et si proche, où nous pouvions tous les jours croiser et accoster notre Cher Mr. Cambe, voir sa démarche chaloupée, ses yeux faussement sévères, son intelligence aigue et son coeur d'enfant généreux.

Tant de souvenirs m'attachent à lui. Quand nous étions en cours au lycée de jeunes filles et que la légion passait en chantant, il arrêtait son cours, se mettait au garde à vous et s'excusait ensuite en nous expliquant que celà était plus fort que lui.

Il avait aussi un humour sarcastique. Je me souviens qu'il avait donné un 16 en philo à Yahiaoui, ce brillant élève qui était en sciences ex et qui est maintenant agrégé de chirurgie. Il avait décidé de nous lire sa dissert. pour l'exemple. Et tout en lisant, il "découvrait" tellement de fautes et d'inconséquences (qu'il avait vues avant, bien sûr) que le pauvre Yahiaoui voyait sa note fondre au soleil au fil de la lecture: 13 puis 11 puis 10...Il a fini avec un 5.

Je n'oublierai jamais non plus qu'après les grèves de 55 ou 56, j'avais été renvoyé du lycée alors que je n'y étais pour rien. Mr. Cambes n'a jamais supporté cette injustice. J'avais fait ma seconde et ma première à Oran et obtenu mon premier bac avec mention bien. A mon retour, le proviseur d'alors, Mr. Foache je crois, avait obstinément refusé ma réinscription. Mr. Cambes avait tout simplement offert sa démission. Foache a été obligé de me reprendre et je revois cette image de Mr. Cambes m'annonçant la nouvelle, marchant à coté de moi dans les couloirs du lycée, son bras sur mes épaules, me parlant pour me consoler et m' encourager. Cette image ne disparaîtra jamais de mon esprit.

Pour nous expliquer "l'attention spontanée" en philo, il était arrivé en cours un matin à 8 heures, et avait soudainement dégainé son révolver et l'avait pointé sur l'élève du premier rang. Celui-ci avait violemment sursauté et Mr. Cambe de nous expliquer: "Celà, c'est le cours d'aujourd'hui, c'est l'attention spontanée".

Pour nous expliquer que l'excès de plaisir devient douleur, il disait malicieusement: "Vaseline Renaud, c'est bien, un peu, mais trop c'est insupportable!".

Sa tête de turc, aussi, était Sacha Distel, je n'ai jamais su pourquoi. Il le citait souvent pour nous expliquer qu'une chose est facile à comprendre: "Même Mr. Bardot comprend que ceci ou celà...".

C'était un homme généreux et fin, viril et intelligent, un libre penseur qu'aucune orthodoxie ne pouvait gêner ou asservir. C'est probablement le prof. qui m'a le plus marqué.

Maintenant que je sais où il est, j'irai sur sa tombe.

Sylvère,sais-tu s'il a des enfants ou si sa femme est encore vivante? Si c'était le cas, j'aimerais leur demander une photo de lui.

Merci aussi, Cher Ami, d'avoir mis ce jalon sur ma route: 19 juillet 2005: mort de Mr. Charles Cambe. Dieu ait son âme. Il vivra toujours en nous.

Avec mon affectueuse amitié

Amine Ghellal



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Diaporama Robert MICHEL


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Colonel Charles CAMBE -